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L'exposition permanente.
Au rez-de-chaussée, le tableau d'Hugo d'Alési représentant le port en 19OO ouvre la première salle. Il évoque à lui seul la multiplicité des activités, comme la construction navale, la pêche, et les services portuaires.
La construction navale traditionnelle permet de se rendre compte grâce aux nombreuses maquettes des premiers bateaux de pêche et de commerce présentés, de la complexité de leurs ossatures, et le savoir-faire des charpentiers qui développèrent les premiers chantiers navals.
Au VXII ème siècle, la création d'un arsenal royal par la grâce de Louis XIV, favorisa la construction de bateaux de guerre. L'ensemble disparut cependant vers 192O au profit de techniques modernes comme le métal.
La construction navale moderne avec les chantiers de France qui s'installent en 19OO sur les quais de l'avant port occuperont 11O OOO m2 jusqu'en 1987. L'entreprise construira plus de trois cents navires. Les maquettes des principaux types de bateaux qui firent la réputation des Chantiers de France comme « l'Emile Miguet » ( plus gros pétrolier du monde ), ou « Le Triomphant » le contre-torpilleur le plus rapide de son époque sont présentés, ainsi que les maquettes éclatées d'un pétrolier, des coques en coupe de démonstration, et les outils employés pour forger et assembler les tôles d'acier.
Hommage au monde de la pêche.
Elle connut sa prospérité dés le moyen-âge, alors plusieurs vitrines évoquent l'activité des pêcheurs représentés au travers de jolies gravures, assiettes et statuettes. Des outils de pêche tels que les paniers à rafler les harengs, ou des aiguilles à ramender les chaluts sont exposés. Au XVIII siècle, la pêche à la morue se développa au large de l'Islande. La splendide goélette « La Comète » datant de 1867 illustre cette épopée.
A la demande de Louis XVI, des pêcheurs de Nantucket spécialistes de la chasse à la baleine s'installèrent à Dunkerque. Les commerçants dunkerquois tirèrent grand profit de la vente de l'huile de baleine, alors utilisée pour l'éclairage.
Les services portuaires sont regroupés dans leurs variétés ( pilotage, éclusage, dragage, remorquage, réparation navale, manutention, ) ce qu'un port peut offrir pour l'accès et le déchargement des bateaux. Des maquettes d'écluses, de remorqueurs, de dragues à godets illustrent cette séquence.
Une fois le navire au port, les marchandises sont manutentionnées. Les outils et illustrations reflètent le caractère pénible de ces métiers où les grues ( et notamment un très beau modèle manuel datant du XVIII siècle ont progressivement remplacé le dos de l'homme.
La batellerie est un moyen d'échange privilégié entre le port et son arrière-pays par le biais des canaux. Sont ainsi rappelées les premières péniches à fond plat, les bélandres remplacées au cours du XIX siècle, par des bâtiments mieux adaptés au gabarit plus important des canaux.
Les ferries sont apparus lors de l'ouverture de la première ligne de passagers entre Dunkerque et l'Angleterre, tandis qu'un service train-ferries fut créé en 1936. Une série d'objets évoque l'épopée de ces navires dont une partie fut construite à Dunkerque.
L'histoire du port de ses origines à nos jours s'expose au premier étage du Musée.
Ce petit port de pêche que l'on appelait jadis Duynkerke « l'église des dunes, » apparut dès le IX siècle. Pendant des siècles, il vécut de la pêche et du commerce du poisson salé. C'est grâce à l'impulsion des Ducs de Bourgogne que la ville se dota en 14O5 d'une première enceinte fortifiée. Après la domination espagnole, Dunkerque fit l'objet d'incessantes convoitises de la part des grandes puissances. Elle devint définitivement Française en 1662, quand Louis XIV la racheta aux Anglais. Sébastien Lepreste de Vauban la transforma alors en véritable place forte, protégeant l'entrée du port par deux longues jetées défendues par cinq forts, ainsi que le montre le panorama d'Alési. Toutes ces fortifications furent cependant détruites en 1713, lors de la signature du traité d'Utrecht.
La guerre des courses qui se développa à Dunkerque dés le XVI siècle assura longtemps la renommée des Dunkerquois. Poussés par les difficultés économiques, les marins se transformèrent en corsaires, attaquant les navires de commerce ennemis avec l'appui direct du souverain.
Des maquettes de bateaux corsaires et notamment celle du Furet, célèbre lougre qui joua un rôle important durant la guerre de course sous la révolution et l'empire évoquent cette histoire.
Toute une série d'illustrations ( peintures, maquettes, effets vestimentaires ) rappelle la figure de Jean Bart l'homme de mer qui a marqué à jamais la mémoire locale, et dont le carnaval dunkerquois garde fidèlement la mémoire au travers de ses chansons et de ses déguisements.
A la fin du XVIII è siècle, des travaux d'assainissement, l'installation des premières grues et le développement de certaines industries amenèrent la prospérité.
La révolution industrielle et la vapeur favorisent le développement du port.
Au XIX è siècle, la révolution industrielle avec l'apparition des bateaux à vapeur favorisa le développement des échanges commerciaux. Des maquettes de cap-horniers et de machines à vapeur illustrent cette période. Les travaux d'agrandissement du port décidés à la fin du XIX è siècle sous l'impulsion du ministre Charles de Saulces de Freycinet firent de Dunkerque un grand port moderne, disposant de quais, d'engins de levage, de voies ferrées, d'entrepôts nécessaires à l'évolution du trafic. De superbes panoramas témoignent de l'importance des équipements portuaires à l'aube du XX è siècle.
Une première fois remise en état après la grande guerre, toutes ces infrastructures portuaires furent dévastées pendant la seconde guerre mondiale. Après cette période de désolation et de reconstruction, le port connut un essor qui le fit bientôt s'étendre à l'Ouest et accueillir des navires gigantesques. Des maquettes témoignent de l'innovation technique majeure généralisée dans les années 197O. L'apparition des navires porte-conteneurs dont les conséquences furent un gain de temps considérable dans les opérations de manutention et un changement du paysage portuaire, avec la disparition progressive des hangars et entrepôts de stockage.
Une belle collection de navire et une exposition temporaire extraordinaire.
Une salle du second étage est exclusivement consacrée à l'exposition d'une vaste collection de maquettes de navires, issus pour la plupart de l'ancienne galerie navale du Musée de Dunkerque. Les maquettes représentent des navires de guerre ou de commerce du XVIII è et du XIX è siècle ( Brick armé, goélette armée, corvette du XVIII è et du XIX è siècle, brick de commerce, frégate, trois mâts carrés négrier, canonnières, navires à vapeur, navires à vapeur à roues à aubes, vapeurs à hélices du XIX è siècle, des bâtiments contemporains ( paquebot « Le Normandie ), méthanier, pétrolier du XX siècle.
Une autre salle est réservée aux présentations temporaires, qui a déjà reçu plusieurs collections internationales comme l'exposition extraordinaire intitulée « Figures de proue » qui fut une mise en valeur. Une exposition unique est un événement sans précèdent qui proposait une découverte de l'ornementation navale à travers 36 pièces de poupe et de proue de navires conservées en France, dans des collections publiques ou privées.
Les figures de proues des navires ont été à travers les siècles les symboles de l'attachement des hommes aux bateaux. L'exposition dévoile la richesse d'un art qui connut sa période de gloire au siècle du Roi Soleil, ( époque ou la France puissante rayonnait sur le monde.) Ces figures de proue et autres ornements navals étaient présentés par séquence, exprimant au mieux les thèmes qui ont inspiré les sculpteurs. Avec une forte connotation symbolique, les représentations animales ( Lions, chevaux, aigles ) côtoyaient de nombreuses représentations humaines incarnant le courage, la puissance, ou la féminité.
A travers des personnages comme Minerve, Hercule ou Echo, c'est l'inspiration mythologique qui était mise en évidence par la création des sculpteurs. Enfin, les personnages historiques y étaient eux aussi largement représentés. On pouvait ainsi admirer les figures de proue d'Alexandre Le Grand, ou de Jacques Cartier. Par ailleurs, la reconstruction d'un atelier invitait le public à travers projets, esquisses, outils et modèles en cire, à appréhender le travail des sculpteurs, en montrant l'influence des courants artistiques sur la production des ornements navals à toutes les époques.
Un superbe catalogue largement illustré a été édité à l'occasion de l'exposition. Il regroupe les études et les recherches de neuf spécialistes de l'ornementation navale ainsi qu'un livret reprenant l'ensemble des objets rassemblés dans l'exposition.
A.A.Lavoye du Vivier
HORAIRES
-Musée a quai : Juillet et août : 7j/7, de 10h à 18h. De septembre à juin: tous les jours sauf le mardi (pour les individuels) de 10h à 12h45 et de 13h30 à 18h
-Musée a flot : Avril à octobre pour les individuels, toute l'année pour les groupes.
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