Raymond Geneau

Raymond GENEAU
Artiste peintre - Côte d'Opale
Né le 18 juillet 1947 à Calais

D'abord, il y a l'apparence.La cinquantaine hésitante entre l'avenir et le passé, une barbe en noir et blanc assortie de ces petites lunettes rondes qui tiennent à distance les autres gens, une canne pour certifier que parfois le mal de vivre donne de l'élégance.

Exposition permanente à son atelier au 3, rue du bout des digues à Calais

  • Exerce divers métiers : garçon-boucher, berger, garde-chasse, ouvrier....
  • Poète et Autodidacte commence à peindre à 20ans.
  • 1981-85 Educateur dans un centre pour handicapés moteurs et autistes: « Le Passage » à Wasquehal
  • 1985-88 Educateur dans un centre de Toxicomanes
  • 1993 Coma pendant 4 mois
  • 1999 Réalisations de laques par Minh Hung, maître laqueur vietnamien
  • Travaille et vit à Calais

Une vie du noir et blanc à la couleur.

Venu au monde en plein après guerre à Calais, Raymond Géneau découvre une vie noire et grise dans les gravats de la cité détruite, au sein d'une famille déshéritée, ou lui manquera surtout le rose de l'amour maternel. La vie est difficile, il prend des bleus à l'âme; Il faut bien gagner sa vie, les petits boulots s'enchaînent, et le mènent, du garçon boucher rouge sang, au vert du garde forestier, le blanc du mariage, lui, sombrera dans le divorce, et le jaune soleil tarde à venir.
Un jour clair, lors d'un voyage a Paris, découvrant Wassili Kandinski, il pénètre dans un labyrinthe de formes et tombe dans un enchevêtrement de couleurs ; un choc, une révélation dont il ne se remettra jamais : ainsi il existe un autre monde ! Il ne cessera désormais de l'explorer, et comme un mineur de fond, d'en creuser toutes les teintes. La couleur devient sa religion et son langage. Il lui faut partager cette découverte, alors, il peint en autodidacte, lit, se documente, découvre; devenu éducateur, à Lille, il se sert de la peinture pour approcher l'univers verrouillé d'enfants autistes ou en difficulté, expérience passionnante ; La psychiatrie et son monde cabossé fait désormais partie de son quotidien.

Des teintes rouges et ambrées, toxiques l'attirent comme la lumière captive les insectes, et c'est la mort qui l'approchera, le plongera dans le noir du coma ; Quand la lumière blanche inonde de nouveau ses pupilles, reste une large cicatrice, mais il renaît à la couleur, s'imagine une autre vie apaisée, baignée de musique classique, ourlée de dessins, sentant bon la peinture, réchauffée au feu de l'amour.
Chaussé de ses petites lunettes cerclées d'acier gris, il n'a plus de temps à perdre, son crayon court sur le papier ou la toile jusque tard dans le bleu nuit, puis penché sur son œuvre, baignant dans la musique, méticuleusement il remplit les formes de toutes les couleurs de l'arc en ciel; Les souvenirs, les obsessions, les symboles surgissent et s'entremêlent, parsemés de signes ésotériques ou religieux. Parfois les formes se délitent avec les « informels », spontanés , brutaux ; les émotions remontent des tréfonds de son âme, librement, bouillonnantes jusqu'à l'abstraction colorée.
Curieux du monde, tel un chasseur de papillon, immobile, il capture les couleurs sur la toile virtuelle pour alimenter son musée imaginaire, empli de photos de fleurs, paysages, tableaux, animaux, et ouvrages d'art en tous genres. Ses yeux voyagent vers le bleu-vert de la Bretagne ou les teintes crues méditerranéennes, puis son esprit vagabonde entre souvenirs et imaginaire, fantasmes et obsessions, créant ses propres mythes et symboles totémiques.
Raymond Géneau trace un chemin multicolore, bordé de visages énigmatiques qui nous conduit aux questions existentielles qu'il se pose et qui sont les nôtres.

Christian Evrard 28/08/2014

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