Les bombardements alliés et l’opération Crossbow
Dès 1943, les services de renseignement alliés identifient le blockhaus d’Éperlecques comme une installation stratégique majeure. Il devient alors une cible prioritaire dans le cadre de l’opération Crossbow, une vaste campagne de bombardements destinée à détruire les sites liés aux armes secrètes allemandes.
Malgré son toit de béton armé de plusieurs mètres d’épaisseur, le blockhaus subit des bombardements répétés. Les Alliés utilisent des bombes de très gros calibre, notamment les célèbres bombes Tallboy, capables de pénétrer les structures les plus résistantes. Ces attaques causent d’importants dégâts et rendent le site partiellement inutilisable.
Face à ces destructions et à la pression aérienne constante, les Allemands renoncent progressivement à utiliser le blockhaus d’Éperlecques comme base de lancement opérationnelle, préférant des sites plus petits et dispersés.
Les conditions de construction et le travail forcé
La construction du blockhaus d’Éperlecques repose en grande partie sur une main-d’œuvre contrainte. Des travailleurs forcés, des prisonniers de guerre et des requis du Service du travail obligatoire (STO) sont employés dans des conditions extrêmement difficiles. Les journées sont longues, le travail pénible, et les risques permanents, notamment à cause des bombardements alliés.
Le blockhaus d’Éperlecques est ainsi aussi un lieu de souffrance humaine, rappelant l’exploitation brutale des populations par le régime nazi. Cet aspect fait aujourd’hui partie intégrante du discours mémoriel du site.